LA CGT SAINT GOBAIN BATIMENT C EST :
lundi 18 mai 2026
jeudi 14 mai 2026
IA : la révolution qui va détruire des millions d'emplois en France d'ici 2030
L'Intelligence Artificielle Générale n'est plus
une fiction de laboratoire. Plusieurs des plus grands noms de la tech affirment
qu'elle est déjà là, ou qu'elle arrive dans les mois qui viennent. Et une étude
française vient de chiffrer ce que ça signifie concrètement : cinq millions d'emplois
menacés en France d'ici cinq ans. Cols blancs, ingénieurs, juristes,
graphistes, développeurs : personne ou presque n'est épargné. C'est peut-être
le bouleversement le plus profond depuis la révolution industrielle. Et ça
commence maintenant.
Vous vous souvenez de l'arrivée d'internet ? Au début, c'était
un outil pour quelques geeks. Puis, en quelques années, ça a tout changé : la
façon dont on s'informe, dont on consomme, dont on travaille, dont on se parle.
Ce qui arrive avec l'intelligence artificielle, c'est la même chose. En plus
rapide. En plus massif. Et en plus profond.
Ce n'est pas une promesse de chercheurs en blouse blanche. Ce sont des chiffres concrets, des témoignages de travailleurs qui vivent déjà cette transformation, et des alertes venues des plus hauts niveaux de la tech mondiale.
Une machine qui sait tout faire : pourquoi c'est différent de tout ce qu'on a connu ?
Jusqu'ici, une intelligence artificielle était comme un très bon
outil spécialisé. Un algorithme pour recommander des films, un autre pour
détecter des fraudes bancaires, un autre pour jouer aux échecs. Chacun dans son
couloir, chacun inutile en dehors de sa tâche.
Ce qui est en train d'arriver, c'est différent. On parle
désormais d'une IA capable de faire à peu près tout ce qu'un humain peut faire
intellectuellement : rédiger un rapport, diagnostiquer une maladie,
plaider un dossier juridique, écrire du code informatique, enseigner, traduire,
concevoir. Le tout avec un niveau d'expertise équivalent ou supérieur à
celui d'un professionnel humain, et des milliers de fois plus vite.
Les chercheurs appellent ça l'Intelligence Artificielle
Générale, ou IAG (AGI en anglais). Et plusieurs grandes voix
affirment aujourd'hui qu'on y est, ou qu'on en est très proches. Le 24 mars
2026, Jensen Huang, le patron de Nvidia, l'entreprise qui fabrique les puces
qui font tourner toute l'IA mondiale, l'a dit clairement lors d'un podcast :
"nous avons atteint l'IAG". Mark Gubrud, le chercheur qui a
inventé ce terme en 1997, lui a donné raison sur les réseaux sociaux.
Tout le monde n'est pas d'accord. D'autres experts situent ce moment entre 2027 et 2028. Mais cette dispute sur la date exacte ne change pas grand-chose à ce qui compte vraiment : les effets concrets sont déjà là, maintenant, dans les entreprises françaises.
Un emploi sur six menacé en France d'ici cinq ans
C'est le chiffre central d'une étude publiée en mars 2026 par la
Coface, un grand organisme d'assurance économique, en collaboration avec
l'Observatoire des emplois menacés et émergents. Leur conclusion : près
de cinq millions d'emplois en France sont menacés d'ici deux à cinq ans à cause
de l'IA. Un emploi sur six.
Mais attention : ce ne sont pas les emplois qu'on aurait
imaginés. L'IA ne s'attaque pas aux maçons, aux agriculteurs ou aux cuisiniers.
Ces métiers restent relativement protégés. Ce sont les cols blancs qui
sont dans le viseur : les informaticiens, les ingénieurs, les
juristes, les comptables, les traducteurs, les graphistes, les communicants.
Tous ceux dont le travail consiste à manipuler de l'information, à rédiger, à
analyser, à coder.
Dans l'informatique, près d'un emploi sur trois pourrait
disparaître. Dans l'architecture et l'ingénierie, plus d'un sur quatre. Dans
les métiers juridiques, plus d'un sur cinq. Et même dans les arts, le design et
les médias, le niveau d'exposition dépasse les 23 %.
Ce qui rend cette vague particulièrement inédite, c'est qu'elle frappe en haut de l'échelle. Les révolutions technologiques précédentes avaient surtout détruit des emplois peu qualifiés. Internet et la robotisation avaient épargné, voire favorisé, les plus diplômés. Là, c'est l'inverse : selon l'étude Coface, les 10 % des Français les mieux payés sont exposés à hauteur de 22 %.
Des vies qui changent déjà aujourd'hui
Ces chiffres ne sont pas abstraits. Derrière, il y a des histoires vraies. Une traductrice indépendante a vu son chiffre d'affaires baisser d'un tiers entre 2023 et 2025. Ses clients ne lui confient plus de textes entiers à traduire : ils lui demandent de corriger ce que l'IA a déjà produit, pour un tarif bien inférieur. Une graphiste spécialisée dans la communication d'entreprise témoignait fin 2025 avoir perdu ses clients en l'espace d'une année, depuis que ChatGPT leur permet de créer eux-mêmes leurs contenus en quelques minutes. Un avocat reconnaît que l'IA remplace désormais le travail qu'un stagiaire aurait fait, et s'interroge sur ce que cela signifie pour la formation des jeunes juristes.
Du côté des entreprises, le mouvement est déjà enclenché. Le
patron d'une start-up française de commerce en ligne a annoncé avoir arrêté de
recruter des développeurs : les outils d'IA lui permettent de faire autant avec
les équipes en place. En octobre 2025 aux États-Unis, plus de 30 000
licenciements ont été officiellement justifiés par le recours à l'IA en
un seul mois.
Pour les étudiants en informatique qui cherchent des stages ou des alternances, le marché se resserre. Les petites tâches sur lesquelles on apprenait le métier sont précisément celles que l'IA fait le mieux et le plus vite.
Une révolution aussi grande que l'imprimerie ou la machine à vapeur
Pour comprendre le tsunami qui arrive, il faut remonter bien loin dans l'histoire. Quand Gutenberg a inventé l'imprimerie au XVème siècle, il a rendu le savoir accessible à des millions de gens qui n'y avaient pas accès. Il a bouleversé l'Église, la politique, l'éducation, le commerce. Des métiers entiers ont disparu. D'autres sont apparus. La société a mis un siècle à s'adapter.
Quand la machine à vapeur a déclenché la révolution
industrielle au XVIIIème siècle, elle a vidé les campagnes, rempli les villes,
transformé le travail, créé la classe ouvrière et inventé le capitalisme
moderne. Des dizaines de métiers ont été balayés. Des millions de vies
bouleversées.
L'IA, c'est la même chose. Sauf que la vitesse est sans commune
mesure. L'invention de Gutenberg a mis des décennies à se
diffuser. L'IA générative a conquis 100 millions d'utilisateurs en deux mois.
Ce qui prenait des siècles prend désormais des années, parfois quelques mois.
L'économiste Axelle Arquié, qui a coordonné l'étude Coface, fait une comparaison plus récente mais tout aussi parlante : la désindustrialisation des années 1980. En quelques années, les usines françaises se sont vidées. Des régions entières ont été sinistrées. La transition a laissé des générations sur le carreau. Elle prévient qu'un choc de même ampleur pourrait toucher cette fois les bureaux, les cabinets, les agences, les services.
Ce que ça peut changer en bien, aussi
L'honnêteté commande de dire que cette révolution n'apporte pas
que des menaces. Elle ouvre aussi des possibilités énormes.
Dans les hôpitaux, où près de la moitié des emplois sont
aujourd'hui des postes administratifs, l'IA pourrait libérer du temps et de
l'argent au profit des soins. Elle pourrait accélérer la
recherche médicale, permettre des diagnostics plus rapides et plus précis,
accompagner les personnes âgées.
Dans l'éducation, elle pourrait offrir à chaque élève un
accompagnement personnalisé, adapté à son rythme et à ses difficultés,
sans que cela dépende du code postal de ses parents ou de leur capacité à payer
des cours particuliers.
Pour ceux qui ont su s'en emparer, l'IA est déjà un
multiplicateur de productivité spectaculaire. Certains développeurs estiment
travailler deux à trois fois plus vite qu'avant. Des médecins, des
avocats, des chercheurs témoignent gagner des heures chaque semaine sur des
tâches fastidieuses.
Le vrai enjeu, c'est de savoir qui profitera de ces gains. Stephen Hawking l'avait dit simplement : "si les richesses créées par les machines sont redistribuées, tout le monde peut en bénéficier. Si elles restent dans les mains de ceux qui possèdent les machines, la majorité des gens s'appauvrira".
Ce qu'on attend des politiques, et vite
Face à l'ampleur du défi, des chercheurs et des économistes
tirent le signal d'alarme : les responsables politiques doivent se
saisir du sujet maintenant, pas dans cinq ans quand le choc sera déjà là.
L'étude Coface soulève un point concret et peu discuté : en
supprimant des emplois bien rémunérés, l'IA va réduire les cotisations
sociales perçues par l'État, tout en augmentant le nombre de demandeurs
d'emploi à indemniser. Un effet de ciseau budgétaire qui pourrait
fragiliser toute notre protection sociale au moment où elle serait le plus
nécessaire.
Le gouvernement français a lancé en 2025 un plan de formation à
l'IA pour 15 millions de professionnels d'ici 2030. C'est un début, mais les
chercheurs insistent : former les gens à utiliser un outil ne suffit pas. Il
faut aussi décider collectivement, avec les syndicats et les représentants des
travailleurs, comment les gains de productivité vont être partagés, et qui va accompagner
ceux que la transition laissera de côté.
Car même dans le meilleur des scénarios, celui où de nouveaux emplois émergent pour remplacer ceux qui disparaissent, la transition ne se fera pas sans peine. C'est ce la désindustrialisation nous a appris : même quand l'économie s'en sort, il y a toujours des gens qui n'y survivent pas professionnellement.
Ce que vous pouvez faire, dès maintenant, pour anticipe
Sans attendre que les politiques agissent, il est
possible de se préparer. Les métiers qui résistent le mieux à l'IA sont
ceux qui combinent des compétences techniques avec du relationnel, du
jugement humain, de la créativité non reproductible ou une présence physique
indispensable. Apprendre à utiliser l'IA comme un outil, plutôt que de
l'ignorer, est probablement la meilleure protection à court terme.
Ce qui est certain, c'est qu'attendre de voir n'est plus une
option raisonnable. La transformation est là. Elle s'accélère. Et elle ne
demande pas la permission.
mercredi 13 mai 2026
Assemblée Générale de Saint-Gobain : Informations Clés pour les Actionnaires
La Compagnie de Saint-Gobain convie ses actionnaires à l'Assemblée Générale Ordinaire qui se déroulera le jeudi 4 juin 2026 à 15 heures, à la Salle Pleyel, située au 252 rue du Faubourg-Saint-Honoré, 75008 Paris. Cet événement constitue une opportunité essentielle pour les investisseurs de s'informer sur les projets et orientations stratégiques de la société.
Les détails concernant l'ordre du jour et les projets de résolutions ont été publiés dans le BALO (Bulletin des Annonces Légales Obligatoires) du 1er avril 2026 et l'avis de convocation a été diffusé le 6 mai 2026. Ces documents précisent également les modalités de participation et de vote, éléments cruciaux pour les actionnaires souhaitant exercer leur droit de vote lors de cette assemblée.
Conformément aux articles R. 225-81 et R. 225-83 du Code de commerce, les informations et documents nécessaires à la bonne préparation de cette Assemblée sont accessibles sur le site officiel de Saint-Gobain à l'adresse suivante : www.saint-gobain.com/fr/finance/assemblee-generale. Les actionnaires ont également la possibilité de consulter ces documents directement au siège social de la société, et ce, durant une période de 15 jours avant la tenue de l'Assemblée.
Cette Assemblée Générale représente un moment clé pour les actionnaires, leur permettant non seulement de voter sur des résolutions importantes mais aussi d'interagir avec la direction sur les performances et la stratégie future de la société. Les investisseurs sont donc encouragés à prendre part à cet événement afin de maximiser leur compréhension des enjeux qui affectent la Compagnie de Saint-Gobain et son avenir sur le marché.
Analyse de l'actualité :
La Compagnie de Saint-Gobain annonce la tenue de son Assemblée Générale Ordinaire le 4 juin 2026, un événement crucial pour ses actionnaires. Cette assemblée offre une plateforme pour discuter des projets et orientations stratégiques de la société, ce qui est essentiel pour les investisseurs cherchant à comprendre l'avenir de l'entreprise.
Les détails relatifs à l'ordre du jour et aux résolutions sont déjà accessibles, ce qui témoigne d'une transparence appréciable. La possibilité pour les actionnaires de voter sur des résolutions importantes et d'interagir avec la direction renforce le sentiment d'engagement des investisseurs envers la société.
En somme, cet événement est perçu comme une opportunité positive
pour les actionnaires de s'impliquer activement dans la gouvernance de la société,
ce qui pourrait avoir un impact favorable sur la santé financière de Saint-Gobain et, par conséquent, sur
son cours de bourse. Les
investisseurs sont donc encouragés à participer, ce qui peut renforcer la
confiance dans la société.
vendredi 17 avril 2026
La Plateforme du Bâtiment modernise ses systèmes d’encaissement en France
La Plateforme du Bâtiment, enseigne de distribution du groupe Saint-Gobain spécialisée dans les matériaux et l’outillage destinés aux professionnels du bâtiment, modernise son système d’encaissement. Pour cela, l’enseigne a choisi la solution Retail Suite de CGI.
La Plateforme du Bâtiment est présente en France à travers 68 dépôts et emploie 2 300 personnes. L’enseigne veut se développer en permettant à ses clients de bénéficier d’un parcours en dépôt plus fluide et rapide, en limitant le temps passé en caisse et en facilitant les interactions avec les équipes de vente.
L’enseigne a engagé une modernisation globale de son système d’information, dont la transformation de son système d’encaissement, adapté aux exigences de son activité B to B. La modernisation de l’encaissement vise à réduire les temps d’attente, de sécuriser les transactions et de donner à ses équipes un outil intuitif qui limite les tâches administratives.
La solution intègre également des fonctionnalités qui favorisent la vente assistée au sein des dépôts, tout en fluidifiant les parcours et l’expérience de l’employé. La démarche vise également à optimiser la supervision des opérations et à obtenir une meilleure visibilité en temps réel sur l’activité du réseau des points de vente.
« Ce déploiement constitue un levier concret pour renforcer la fluidité du parcours client au sein de nos dépôts, améliorer la réactivité de nos équipes et gagner en efficacité opérationnelle » annonce Sibylle Daunis-Opfermann, Directrice générale de La Plateforme du Bâtiment.
Une solution en mode Saas
Le dispositif comprend la fourniture et l’intégration de la solution, son hébergement en mode SaaS, ainsi que la maintenance, le support, la formation des équipes et la conduite du changement, afin de garantir un déploiement maîtrisé et une adoption rapide par les équipes en dépôt.
La Plateforme du Bâtiment a été créée en 1998. Cette enseigne de Saint-Gobain Distribution Bâtiment est un réseau de distribution multi-canal exclusivement dédié aux professionnels du bâtiment. Les 68 dépôts de La Plateforme du Bâtiment sont implantés en centre-ville et en périphérie des grandes villes dans 12 régions de France.
18 000 produits en stock permanent
Ils accueillent les artisans et les petites entreprises du bâtiment, toutes spécialités confondues, du lundi au vendredi de 6h00 à 20h00 et le samedi de 6h30 à 18h00. Au-delà de la disponibilité de plus de 18 000 produits en stock permanent, La Plateforme du Bâtiment met à la disposition de ses clients une palette de services incluant notamment, un service de SAV rapide avec repar’express, la commande et le paiement à distance, la livraison express ou le Service Cafet’, un espace détente pour se restaurer, se retrouver entre confrères.
La revue du digital
Saint-Gobain recrute....
mardi 14 avril 2026
Une vision lunaire de la réalité.....
Créée en 1965, Saint-Gobain Distribution Bâtiment
France, filiale de Saint-Gobain, repense ses pratiques managériales en
profondeur. Afin de répondre au défi intergénérationnel et à la montée en
puissance de l’intelligence artificielle, le groupe français au rayonnement
mondial entend accélérer cette dynamique d’ici à 2035.
Quels sont vos enjeux de
recrutement actuellement ?
Pierre Lucien-Brun (P. L-B) – Nous comptons 22 000 collaborateurs en France. Nous en avons
recruté près de 3 000 en 2025. Cette année, nos enjeux de recrutement tournent
principalement autour des métiers de la vente interne et externe, du marketing
pour renforcer notre offre, du commerce grands comptes, de la logistique ainsi
que du service clients. Le marché de l’emploi français est plutôt tendu en
ce moment. Nous faisons face à des tensions sur certains métiers, notamment
ceux de la vente et en agences (tels que magasinier, cariste, service aux
clients). Nos clients artisans rencontrent aussi des difficultés pour recruter.
Pour contrecarrer ce constat, nous jouons, par exemple, le rôle d’intermédiaire
entre les élèves dans les centres de formation d’apprentis (CFA) et nos clients
artisans. À l’issue de leur formation, ces élèves deviennent employables dans
des métiers spécifiques. Grâce à cette initiative, le CFA de Tourcoing, par
exemple, a trouvé six apprentis couvreurs. Nous leur apportons aussi notre
expertise et nos connaissances du secteur.
Plus largement, comment
améliorez-vous votre attractivité ?
P. L-B – Nous travaillons sur quatre volets majeurs. Premièrement, celui du
sens que nous apportons quotidiennement à nos équipes. L’avantage de notre
secteur, c’est que nous pouvons observer rapidement l’impact de notre travail.
Les équipes travaillent aussi sur des enjeux contemporains liés à la transition
écologique, comme améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments. Le
troisième aspect est la qualité du travail collectif. En effet, nous
insistons beaucoup sur la qualité managériale afin que nos équipes soient bien
animées, que chacun soit accompagné. Les managers doivent avoir suffisamment
d’autonomie au sein de leurs agences pour prendre des décisions, améliorer
l’organisation du travail et le service apporté à nos clients. Enfin, l’un des
derniers éléments de notre promesse employeur, c’est de donner la possibilité à
tous nos collaborateurs de se développer personnellement et
professionnellement. Nous comptons près de 2 000 agences sur tout le territoire
français, avec plein d’opportunités différentes. En fonction de leur projet,
ils peuvent évoluer rapidement d’une ville à l’autre, d’un poste à l’autre, y
compris sur des fonctions managériales. Nos nouvelles recrues ne nous
rejoignent pas que pour un poste, mais pour une perspective d’évolution de
carrière.
D’après vous, la transition
écologique contribue-t-elle au sens au travail ?
P. L-B – Oui, les jeunes y sont très sensibles. Et nous nous apercevons que
toutes les générations le sont de plus en plus. Les salariés plus expérimentés
qui arrivent en seconde partie de carrière ont souvent des enfants, ce qui les
amène à se préoccuper de cette question. C’est pourquoi, nous avons lancé de
vastes programmes, comme le verdissement de nos flottes de voitures, la mise en
conformité énergétique de nos propres bâtiments. Nous choisissons
minutieusement nos fournisseurs en fonction de la qualité de leurs produits.
Nous formons aussi tous les artisans avec qui nous travaillons et déployons la
fresque du climat de manière structurée auprès de nos équipes dans le but de
leur faire comprendre les causes et les conséquences du dérèglement climatique.
Enfin, nous avons des programmes pour décarboner notre activité à tous les
niveaux de l’entreprise.
Vous évoquiez de nouvelles
pratiques managériales. C’est-à-dire ?
P. L-B – Dès 2015, nous avons essuyé une crise profonde dans le secteur de la
construction. Nous avons fait le constat que nous ne pouvions plus manager
toute l’activité « d’en haut ». Les ordres mettaient du temps à
arriver et n’étaient pas adaptés à la réalité du terrain. Nous n’étions plus
suffisamment réactifs face aux évolutions rapides du monde. Cette année-là,
nous avons renversé la pyramide managériale. Nous avons lancé le programme
« Ambition 2025 » axé autour de la co-construction de notre nouvelle
feuille de route, d’une vision partagée. Concrètement, nos managers ne peuvent
plus superviser leurs équipes comme avant. Nous attendons plus d’écoute, de feedbacks, de soutien, de droit à
l’erreur. En 2017, nous avons mis en place un programme de formation spécifique
de deux jours, appelé « Manager avec ambition », à destination de
tous les managers. C’est un format décalé et ludique, autour de l’adoption de
comportements comme la bienveillance, l’exigence, la valorisation, la vision
partagée, l’assertivité et le développement dont je parlais. Nous avons intégré
ces attentes managériales dans les entretiens de recrutement ainsi que
dans les entretiens annuels. Nous arrivons à la fin du premier cycle et nous
nous tournons désormais vers le programme « Ambition 2035 ». À ce
jour, plus de 3 500 managers ont suivi ce programme.
A quoi ressemblera le « bon » manager de
demain, selon vous ?
P. L-B – Dans les enjeux que nous percevons, le manager du futur devra être
capable d’embarquer des équipes de générations et de styles très différents.
Il devra autant être capable de superviser un alternant de 20 ans qui vient
d’arriver dans l’entreprise qu’un collaborateur expérimenté de plus de 60 ans en
fin de carrière. Le premier souhaitera évoluer rapidement, tandis que l’autre
aura davantage envie de transmettre son savoir. C’est un enjeu déjà présent qui
va s’accélérer. Le second défi pour le manager du futur sera de mettre son
expertise différemment à profit face à la montée de l’intelligence
artificielle. L’expertise est de plus en plus accessible et mieux mise en
forme. Il est plus facile pour nos collaborateurs d’obtenir rapidement des
réponses techniques à un problème complexe. Pour nos managers, ces changements
humains et technologiques vont être significatifs.
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