LA CGT SAINT GOBAIN BATIMENT C EST :
jeudi 9 avril 2026
mardi 10 mars 2026
Accord sur les ruptures conventionnelles: le gouvernement satisfait, la CGT remontée
vendredi 6 mars 2026
jeudi 5 mars 2026
soleil vert
"Soleil vert, film de science-fiction, confine presque au documentaire. Tout ce que j'y ai montré à titre fictif est désormais d'actualité. Ce film est un adieu au second Paradis Terrestre détruit cette fois par les humains" dira Fleischer, terriblement lucide, des années après la sortie de son chef-d’œuvre absolu.
Synopsis
New York en 2022. Un brouillard a envahi la surface du globe, tuant la végétation et la plupart des espèces animales. D'un côté, les nantis qui peuvent avoir accès à la nourriture rare et très chère. De l'autre, les affamés nourris d'un produit synthétique, le soylent, rationné par le gouvernement... Lors d'une émeute, le président de soylent trouve la mort et Thorn , un flic opiniâtre, est chargé de l'enquête...
https://ok.ru/video/294905317951
dimanche 1 mars 2026
Saint-Gobain vise une marge d'Ebitda de plus de 15% en 2026
Saint-Gobain a annoncé jeudi viser une marge d'excédent brut d'exploitation (Ebitda) supérieure à 15% en 2026, après avoir enregistré un bénéfice net en légère hausse l'an dernier.
"Malgré un contexte global très chahuté, avec notamment un marché nord-américain difficile, nous avons très bien tenu notre rentabilité sur l'ensemble de l'année y compris au second semestre", a souligné Benoit Bazin, le PDG de Saint-Gobain, cité dans un communiqué.
Au cours de l'exercice écoulé, le groupe a dégagé un résultat net de 2,9 milliards d'euros, soit une augmentation de 1,4% par rapport à 2024.
Pour sa part, le résultat d'exploitation a atteint 5,3 milliards d'euros en 2025, soit une légère baisse de 0,2% sur un an. La marge associée est ressortie à 11,4%, stable par rapport à 2024. Fin octobre, Saint-Gobain avait dit viser une marge d'exploitation supérieure à 11% en 2025.
+ Un dividende en hausse de 4,5% +
Quant à lui, le chiffre d'affaires s'est établi à 46,5 milliards d'euros en 2025, quasi stable (-0,2%) sur un an en données réelles. En données comparables, il a légèrement reculé de 0,5%.
Les analystes interrogés par FactSet tablaient en moyenne pour 2025 sur un chiffre d'affaires de 46,5 milliards d'euros, un résultat d'exploitation de 5,2 milliards d'euros et un bénéfice net de 3,2 milliards d'euros.
Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, Saint-Gobain compte verser un dividende de 2,30 euros par action au titre de l'exercice 2025, contre 2,20 euros pour l'exercice précédent.
ABCbourse
vendredi 27 février 2026
IA au travail : les RH face au risque de perte de compétences
Au-delà du spectre de la destruction d'emplois, l'intelligence artificielle pose un enjeu plus subtil aux DRH : l'affaiblissement progressif des compétences. Entre IA d'assistance et IA pédagogique, les choix stratégiques détermineront l'employabilité des collaborateurs. Analyse.
« L'intelligence artificielle va-t-elle nous remplacer ? » Cette question obsède les débats publics depuis l'arrivée de ChatGPT. Mais un autre phénomène se dessine : non pas la disparition des métiers, mais leur transformation silencieuse. Et avec elle, un risque majeur : celui du désapprentissage. « Le terme peut sembler abusif, mais le risque existe bel et bien si l'intelligence artificielle générative est utilisée sans recul », prévient Marion Picart, responsable RH chez PeopleSpheres. Chez cet éditeur de solutions RH, l'IA redéfinit progressivement les contours des métiers. « Plus nos clients gagnent en autonomie, plus la valeur ajoutée de nos collaborateurs se déplace vers des missions à plus forte valeur ajoutée », observe-t-elle.
Quand l'assistance devient béquille cognitive
Ce déplacement de la valeur n'est pas sans conséquences. « On observe aujourd'hui un double mouvement », analyse Nicolas Bourgerie, président de Teach Up, spécialiste de l'IA pédagogique. D'un côté, les entreprises accélèrent leur transformation digitale et la mutation de leurs métiers tandis que, de l'autre, les clients deviennent plus autonomes et mieux informés, réduisant leurs contacts avec les chargés de clientèle.
Si l'IA générative permet d'accélérer le travail, elle ne résout pas la question de l'apprentissage durable. « On n'observe pas tant une érosion des compétences qu'une évolution rapide et les collaborateurs disposent de plus ou moins de temps pour apprendre », précise-t-il. Le problème est identifié : quand l'IA fait à la place de l'utilisateur, elle transforme une assistance ponctuelle en béquille cognitive permanente. « Au niveau de l'innovation produits, les évolutions sont si rapides que les équipes doivent constamment former les collaborateurs », poursuit Nicolas Bourgerie. L'enjeu est donc d'identifier, capter et diffuser efficacement les savoir-faire dans cette accélération constante de la formation.
IA d'assistance vs IA pédagogique : deux philosophies opposées
« L'IA pédagogique se distingue radicalement de l'IA générative par son objectif : elle aide à s'autonomiser et à développer des compétences, plutôt que de produire à la place de l'utilisateur », explique Nicolas Bourgerie. Cette différence n'est pas qu'un détail technique, elle repose sur une approche fondamentalement différente de l'apprentissage. Les IA pédagogiques s'appuient sur les acquis des sciences cognitives et intègrent la compréhension de comment le cerveau apprend : par l'entraînement sur des exercices complexes, avec un feedback personnalisé et des parcours adaptés à chaque collaborateur.
Concrètement, ces solutions mettent les collaborateurs en situation. « Par exemple, elles peuvent proposer des coachs virtuels qui simulent des clients fictifs, illustre le président de Teach Up. On entraîne ainsi un vendeur à bien répondre à des questions spécifiques, à maîtriser une compétence ciblée et nécessaire à son métier. » Dans le secteur bancaire, où les collaborateurs sont de moins en moins présents en agence, il est essentiel de les aider à recréer de la valeur supplémentaire et « à leur redonner du pouvoir avec les compétences clés nécessaires pour le contact client ».
PeopleSpheres a déployé une solution d'IA connue mais entièrement personnalisée selon ses besoins spécifiques. Cette plateforme interne centralise désormais l'ensemble de la formation. Dès leur arrivée, les nouveaux collaborateurs peuvent acquérir les savoir-faire métiers via cette plateforme. « La formation devient collaborative », précise Marion Picart.
Les soft skills, bastion de l'humain
Selon le président de Teach Up, « les innovations, notamment dans la formation, bougent très vite, mais il est un domaine dans lequel la formation en présentiel est déterminante : celui des softs skills. » « Les compétences relationnelles, celles liées à la gestion des conflits, sont enseignées en interne par nos propres collaborateurs : coachs, managers ou experts métiers », ajoute Marion Picart. Sur demande des collaborateurs, l'entreprise va d’ailleurs proposer des formations en anglais via l'intelligence artificielle. Soft skills et savoir-être échappent encore au périmètre de l'IA...
Les RH au coeur du réacteur
Ce basculement vers l'IA pédagogique suppose une profonde transformation du rôle des DRH. « La direction des ressources humaines a tout intérêt à saisir l'opportunité de l'IA pédagogique à travers des solutions technologiques pertinentes », insiste Nicolas Bourgerie. Mais cela suppose une démarche structurée. « Il s'agit d'identifier la base métier de l'entreprise, de se connecter aux différents métiers et d'identifier les compétences qui la rendent unique. Ensuite, il faut animer des communautés d'apprentissage et donner envie d'apprendre. La fonction RH doit savoir capter les connaissances et mettre à disposition des solutions permettant aux collaborateurs d'apprendre de façon autonome les éléments clés de différenciation de l'entreprise. » Chez PeopleSpheres, la solution d'intelligence artificielle a été demandée conjointement par les collaborateurs et le CSE. « La mise en application a donc été relativement simple et claire, sans aucun refus », se félicite Marion Picart.
Un cadre éthique et juridique indispensable
Mais déployer l'IA pédagogique ne s'improvise pas. « Il est indispensable d'adresser l'usage de ces intelligences artificielles car elles utilisent des données personnelles, alerte Nicolas Bourgerie. Il faut utiliser ces IA pédagogiques de façon transparente. Elles donnent accès à la manière dont les gens apprennent, mais elles ne doivent pas permettre d'évaluer les personnes ni d'influer sur leur carrière. Cette IA est là pour former, non pour évaluer. »
PeopleSpheres a ainsi élaboré une charte spécifique. « Deux collaborateurs ont été dédiés à ce travail afin de sécuriser à la fois l'employeur et les salariés », confie Marion Picart. Cette charte encadre l'utilisation et la gestion des données, mais elle vise aussi à « poser des garde-fous et à maintenir un usage confidentiel de la formation. »
Vers l'autonomie capacitante
« Plus que jamais, l'entreprise doit investir dans sa particularité, sa singularité, conclut Marion Picart. Elle doit la capter pour conserver son savoir-faire et savoir le transmettre. L'enjeu n'est pas de remplacer l'humain par la machine, mais de créer les conditions d'un apprentissage continu, autonome et ancré dans les spécificités de chaque organisation. »
Le vrai risque de l'IA n'est donc pas celui qu'on croyait. Il s'agit de s'assurer que l'humain, armé de la machine, reste capable d'apprendre, de s'adapter et de créer de la valeur.
Focus RH
jeudi 26 février 2026
Des ouvertures dans le réseau de la distribution
Après Bègles et Eysines en 2018, Asturienne ouvre une troisième agence girondine, à Ambarès-et-Lagrave. Celle-ci est située dans une zone jusqu’ici dépourvue de concurrence et permet de couvrir efficacement le nord de la Gironde, « voire jusqu’au sud de la Charente », estime l’enseigne couverture de Saint-Gobain Distribution Bâtiment France. En périphérie, l’emplacement évite aux professionnels les contraintes du trafic bordelais. L’agence d’Ambarès, d’une surface de 1 300 m², comprend un dépôt de 1 251 m² de stockage et un libre-service de 42 m² pour le quofi, gérés par un directeur d’agence et deux magasiniers. Elle dispose d’une plieuse et d’une guillotine de 3m chacune.
Pum ouvre une cinquième agence en Gironde, à Libourne, juxtaposée à un point de vente Point.P, dans la zone industrielle de la Ballastière. L’enseigne spécialisée dans la distribution Eau & Travaux Publics du groupe Saint-Gobain Distribution Bâtiment France inaugure une agence avec un libre-service de 176 m² offrant 2 500 références en stock, en plomberie, travaux publics, maçonnerie et paysage. Trois salariés se tiendront à disposition des clients professionnels. L’enseigne compte 210 points de vente sur le territoire national.
Le Moniteur
jeudi 5 février 2026
lundi 2 février 2026
L'IA au service du patronat
Les progrès techniques en matière d’intelligence artificielle offrent de nouveaux outils aux employeurs pour surveiller leurs salarié·es, au détriment de leur santé et de leurs conditions de travail.
L’intelligence artificielle est de plus en plus utilisée par les employeurs pour surveiller leurs salarié·es
C’est notamment le cas dans les centres d’appels, où des algorithmes étudient les appels de tou·tes les salarié·es et rapportent les écarts à la hiérarchie.
Un récent article d’Alternatives économiques cite les exemples de TP (ex-Teleperformance) et Concentrix. Dans ces entreprises, la CGT dénonce des atteintes à la santé et à la sécurité des salarié·es à la suite de la mise en place d’un logiciel de surveillance par l’employeur.
Explosion des risques psychosociaux
Le périmètre de ces logiciels est opaque. Les salarié·es n’ont aucune certitude sur les éléments analysés par l’application : quels sont les mots surveillés ? Quelles attitudes sont sanctionnées ? D’autant que le développement de l’IA permet d’aller très loin dans le contrôle : stress, prononciation, hésitations, émotions… Désormais, le moindre détail peut être épluché par la machine.
Les conséquences néfastes de ce nouveau mode de surveillance sont nombreuses : augmentation des contraintes, dépersonnalisation de la relation managériale, augmentation du stress, augmentation du nombre de sanctions (parfois sur la base de prétextes)…
On ne peut pas faire ce qu’on veut avec l’IA
Il existe de nombreux garde-fous sur l’utilisation de l’intelligence artificielle. Ainsi l’article 5 de la loi européenne sur l’intelligence artificielle interdit, entre autres, l’utilisation de systèmes d’IA :
- « pour l’évaluation ou la classification de personnes physiques […] en fonction de leur comportement social […], la note sociale conduisant [à un] traitement préjudiciable ou défavorable […] injustifié ou disproportionné par rapport à leur comportement social » (art. 5, 1.c) ;
- « pour inférer les émotions d’une personne physique sur le lieu de travail » (art. 5, 1.f).
Bien entendu, les employeurs prétendent ne pas utiliser ces systèmes à des fins de notation ou de contrôle, mais « pour améliorer la qualité de service »…
Dans tous les cas, ils sont bien souvent en dehors des clous : l’utilisation de systèmes d’IA doit donner lieu à une consultation du CSE – comme pour toute introduction de nouvelle technologie (art. L. 2312-8 4° du Code du travail), faute de quoi le CSE peut saisir le tribunal judiciaire pour contraindre l’employeur à le consulter.
L’employeur ne peut mettre en place le projet avant que le CSE n’ait rendu un avis, et le refus par l’employeur de consulter le CSE constitue un délit d’entrave, passible de 7 500 euros d’amende.
Chaque salarié·e doit également être informé·e de l’utilisation de ses données personnelles par un système d’IA, comme le précise l’article 13 du RGPD, et « aucune information concernant personnellement un salarié ne peut être collectée par un dispositif qui n’a pas préalablement porté à sa connaissance » (art. L. 1222-4 du Code du travail).
Enfin, les salarié·es doivent être informé·es des « méthodes et techniques d’évaluation professionnelles mises en œuvre à [leur] égard » (art. L. 1222-3 du Code du travail), et si l’employeur envisage de prendre une décision fondée exclusivement sur le traitement automatisé, il doit obtenir au préalable le consentement explicite de la personne concernée – sans cela, la décision pourrait être illicite (article 22 du RGPD).
mercredi 14 janvier 2026
jeudi 8 janvier 2026
Reclassement après reconnaissance d’inaptitude : la Cour de Cassation précise le droit !
La Cour de Cassation a rendu un arrêt important sur la procédure de reclassement pour inaptitude à un poste :
- L’arrêt du 22 octobre 2025 renforce l’obligation de l’employeur de consulter le médecin du travail en cas de contestation du salarié sur la compatibilité du poste de reclassement proposé.
- L’employeur doit fournir un descriptif précis du poste et solliciter un nouvel avis médical si le salarié refuse le poste proposé.
- Le licenciement pour inaptitude sans respect de cette procédure est jugé sans cause réelle et sérieuse, exposant l’employeur à des dommages-intérêts.
- L’article L. 1235-4 du Code du travail, relatif au remboursement des indemnités chômage, ne s’applique pas aux licenciements pour inaptitude d’origine professionnelle.
- Cet arrêt confirme la nécessité d’un dialogue tripartite rigoureux entre employeur, salarié et médecin du travail pour garantir un reclassement loyal et conforme aux préconisations médicales.
L’arrêt rendu par la Chambre sociale de la Cour de cassation le 22 octobre 2025 (n° 24-14.641) illustre les exigences juridiques strictes encadrant le reclassement des salariés déclarés inaptes à leur poste pour des raisons médicales, notamment en cas de maladie professionnelle. Cette décision met en lumière les obligations précises de l’employeur, les droits du salarié, ainsi que les sanctions applicables en cas de manquement. Elle constitue une référence majeure pour comprendre les contours de la procédure de reclassement et les conséquences d’un licenciement jugé abusif dans ce contexte. Cette analyse détaillée s’adresse tant aux employeurs qu’aux salariés afin de les éclairer sur leurs droits et devoirs respectifs.
Contexte et faits
Parcours professionnel et médical du salarié
Le salarié, embauché en 2007 en qualité de monteur vendeur, a vu son contrat de travail transféré en 2011 à la société Juroma. En 2014, il a été placé en arrêt de travail à la suite d’une maladie professionnelle reconnue en 2015. En octobre 2019, le médecin du travail a déclaré le salarié inapte à son poste initial, tout en précisant qu’il pouvait occuper un poste de vendeur, sous réserve de ne pas effectuer de gestes répétitifs des membres supérieurs ni de mouvements des bras au-dessus des épaules.
Chronologie des événements administratifs et médicaux
- 1er octobre 2019 : Avis d’inaptitude du médecin du travail, indiquant que le salarié peut occuper un poste de vendeur sans gestes répétitifs ni bras au-dessus des épaules.
- 11 septembre 2019 : Visite de pré-reprise avec étude de poste.
- 17 octobre 2019 : Courrier de l’employeur au médecin du travail confirmant que le poste de vendeur respecte les préconisations médicales.
- 29 novembre 2019 : Licenciement du salarié pour inaptitude et impossibilité de reclassement, après refus du salarié d’accepter le poste de vendeur proposé.
Enjeux du litige
Le salarié a contesté son licenciement devant la juridiction prud’homale, arguant que l’employeur n’avait pas respecté son obligation de reclassement loyal, notamment en ne consultant pas à nouveau le médecin du travail après son refus du poste proposé. Il a également demandé le remboursement des indemnités chômage versées par Pôle emploi. L’employeur a défendu sa position en affirmant que le poste proposé était conforme aux préconisations médicales et que le licenciement était justifié.
Analyse des questions de droit et de la décision de la Cour
Obligation de reclassement et consultation du médecin du travail
L’employeur est tenu, en cas d’inaptitude d’un salarié, de proposer un poste adapté aux capacités médicales de ce dernier, en tenant compte des préconisations du médecin du travail (articles L. 1226-10, L. 1226-12 et L. 1226-15 du Code du travail). La Cour de cassation rappelle que cette obligation ne se limite pas à une simple proposition : l’employeur doit solliciter un nouvel avis du médecin du travail si le salarié conteste la compatibilité du poste proposé avec les préconisations médicales.
En l’espèce, la Cour a jugé que l’employeur n’avait pas satisfait à cette obligation. En effet, bien que le médecin du travail ait indiqué que le salarié pouvait occuper un poste de vendeur, l’employeur n’avait pas fourni un descriptif précis des tâches à accomplir dans ce poste. Le courrier du 17 octobre 2019 ne détaillait pas les missions concrètes du poste de vendeur, et le médecin du travail n’avait pas validé ce poste au vu d’un descriptif précis. Par conséquent, l’employeur aurait dû reconsulter le médecin du travail après le refus du salarié pour valider ou ajuster la proposition.
Application de l’article L. 1235-4 du Code du travail
L’article L. 1235-4 prévoit que le juge peut ordonner le remboursement par l’employeur fautif des indemnités de chômage versées au salarié licencié, dans la limite de six mois. Cependant, la Cour de cassation a rappelé que cette disposition ne s’applique pas aux licenciements pour inaptitude d’origine professionnelle, qui relèvent des articles L. 1226-10 et suivants du Code du travail. Ces derniers prévoient des règles spécifiques et excluent le remboursement des indemnités chômage.
Ainsi, la Cour a cassé partiellement l’arrêt de la cour d’appel d’Angers qui avait ordonné le remboursement des indemnités chômage à Pôle emploi, confirmant que cette sanction pécuniaire n’est pas applicable dans le cadre d’un licenciement pour inaptitude liée à une maladie professionnelle.
Synthèse des obligations et sanctions
Pour les employeurs
- Obligations clés :
- Consulter systématiquement le médecin du travail avant toute proposition de reclassement.
- Fournir un descriptif détaillé du poste proposé (tâches, contraintes physiques, aménagements).
- En cas de refus du salarié, reconsulter immédiatement le médecin du travail pour valider ou ajuster la proposition.
- Documenter par écrit tous les échanges avec le médecin du travail et le salarié (courriers, comptes-rendus de visites).
- Risques :
- Licenciement jugé sans cause réelle et sérieuse en cas de manquement.
- Condamnation à des dommages-intérêts.
- Pas de remboursement des indemnités chômage à Pôle emploi pour les inaptitudes d’origine professionnelle (sauf exceptions).
Pour les salariés
- Droits clés :
- Recevoir un avis médical précis sur les restrictions liées à l’inaptitude.
- Contester un poste de reclassement jugé incompatible avec les préconisations médicales.
- Demander une nouvelle consultation du médecin du travail en cas de doute.
- Saisir les prud’hommes en cas de licenciement abusif.
- Recours :
- Obtenir des dommages-intérêts en cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse.
- Pas de remboursement automatique des indemnités chômage (sauf cas exceptionnels).
Conclusion
L’arrêt de la Cour de cassation du 22 octobre 2025 constitue une décision phare qui renforce le cadre juridique protecteur des salariés inaptes d’origine professionnelle. Il impose à l’employeur une obligation rigoureuse de consultation du médecin du travail, notamment en cas de contestation du salarié, et exige un descriptif précis du poste proposé. Le non-respect de ces obligations expose l’employeur à des sanctions financières lourdes, tandis que le salarié dispose de moyens de recours efficaces pour faire respecter ses droits. Cet arrêt souligne l’importance d’un dialogue tripartite clair et documenté entre employeur, salarié et médecin du travail, afin de garantir un reclassement loyal et conforme aux préconisations médicales.
Asfelia







